armoiries et préjugés

ARMOIRIES ET PREJUGES



Préambule
La possession ou l'intérêt pour les armoiries suscite trés souvent, de nos jours, outre l'étonnement, des réactions primaires liées à des préjugés ou tout simplement à une ignorance. Ces quelques lignes ont pour but de tordre le cou à un certain nombre de clichés et "d'instruire" les curieux.
Le programme :
1/ Armoiries et noblesse
2/ La particule
3/ La signification des armoiries, ésotérisme et caetera...
4/ Armoiries et royalisme
5/ Le language du blason est obscur et compliqué
6/ Et la fleur de lis dans tout ça ?
1/ Armoiries et noblesse
Les armoiries ne sont pas l'apanage de la noblesse. Chacun est aujourd'hui libre de se choisir et d'adopter des armoiries... noble ou roturier. Il suffit "simplement" de ne pas usurper celles d'autrui.
Par conséquent, ce droit est valable pour Monsieur le comte de Despot mais aussi pour Monsieur Berger, modeste gardien de moutons du Périgord Noir. (retour au programme)
2/ La particule
L'habit ne faisant pas le moine, la particule n'est pas un gage de noblesse. Elle en a cependant, selon une croyance largement répandue, toutes les apparences. Certaines familles de haute noblesse n'en n'ont pas. D'autres, de la plus haute roture (ou haute bourgeoisie), les additionnent.
Ce qui est certain, c'est que "ça en jette" toujours et que l'effet est souvent garanti. Mais, gare aux contrefaçons ! En gros, sur trois patronymes particulés un seul est authentiquement noble...
Petit exercice rapide et schématique pour illustrer ceci :
Supposons que quelques dizaines d'années avant la révolution française vivaient trois bourgeois. Bourgeois également honorables et de situation sociale identique.
Ils étaient tous trois de vieille souche et possédaient leur généalogie et leurs armes comme la plupart des bourgeois du temps.
Un jour, Le premier frère achète une charge de secrétaire du Roi. Le deuxième frère acquiert une terre noble "de Monfief". Le troisième frère, lui, reste chez ses parents.
Que se passe t-il ?
Le premier frère devient noble et, ayant fait son temps "de charge", il transmet la noblesse à ses enfants.
Le deuxième frère s'intitule, selon son droit de l'époque, seigneur de sa terre. Le notaire glisse dans les actes, à côté de son nom, les qualifications de noble, de messire, d'écuyer ou de chavalier. Son fils ne porte plus alors dans le monde que le nom de son fief, soit : de Monfief. Cependant, l'acquisition paternelle est encore trop récente pour qu'en 1789 il puisse être admis à voter avec la noblesse aux Etats Généraux. Il n'est pas noble.
Le troisième frère et toute sa descendance sont restés bourgeois, comme leur aïeul.
Conclusion :
Aujourd'hui les descendants du secrétaire du Roi sont légalement et historiquement nobles, bien que peut-être leur nom ne soit pas précédé d'une particule. Les descendants du seigneur ont quant à eux aujourd'hui à l'état civil un patronyme à forme nobiliaire. Ils se croient et on les croit nobles. Par chance, comme leur terre patrimoniale appartenait au XIIe siècle à une maison ayant figuré aux croisades, on les accepte souvent pour les représentants de cette antique race. Parfois, ils se demandent même s'ils n'en sont pas issus. La couronne de comte (vicomte ou baron) qui surmonte leurs armoiries, légitime, à leurs yeux, le titre de comte qu'ils se sont partagés. De surcroît, ont leur donne bien depuis longtemps dans leur village du "Monsieur de Monfief" et du "Monsieur le comte", à commencer par Monsieur le maire dans tous les actes de l'état civil.
Les descendants du troisième frère ne sont pas nobles. Mais, ayant retrouvé au grenier le vieux cachet armorié, la tentation est grande et aisée.
Enfin, la loi actuelle refuserait aux descendants du secrétaire du Roi l'ajout d'une particule à leur patronyme qui n'en avait pas "à l'époque des faits" puisque les actes d'état civil les ont consacrés. (retour au programme)
3/ La signification des armoiries, ésotérisme et caetera...
Il faut arrêter de vouloir absolument chercher une dimension symbolique profonde, voire ésotérique aux armoiries. Nombre d'entre elles ne signifient rien en particulier. Seulement un jeu de mot (qui peut parfois être douteux). Simplement un goût. Un métier. Un fait marquant. Une condition. Un parti. Une origine. Et j'en passe. Dans la plupart des cas, rien de bien compliqué. (retour au programme)
4/ Armoiries et royalisme
"T'as un blason ?... t'es royaliste ?..."... STOP !!
Qui dit armoiries ne veut pas dire royaliste. Nous tombons une fois de plus sur un cliché, qu'il convient absolument de brûler. C'est comme dire que tous ceux qui portent une écharpe rouge sont communistes. Que tous ceux qui portent un anneau à l'oreille sont des pirates ! Que tous ceux qui ne disent mot consentent... (retour au programme)
5/ Le langage du blason est obscur et compliqué
Il y a certes un vocabulaire à s'approprier mais une petite centaine de mots suffit pour blasonner un grand nombre de blasons. C'est à la portée de tous et en plus, c'est une jolie langue. Il est vrai qu'à une certaine époque ce langage de description a été compliqué à l'extrème avec des mots savants. Il faut simplement prendre un peu de recul et se contenter de retenir les premières pages de tout traité d'héraldique. Quelques heures de lecture au coin du feu ou du radiateur électrique suffisent pour être un minimum opérationnel. Erudit ?... Je suis un fan de Michel PASTOUREAU ! (retour au programme)
6/ Et la fleur de lis dans tout ça ?
Vaste débat !... en bon fan de Michel PASTOUREAU, je pense qu'il ne s'agit là que d'un meuble héraldique parmi d'autres... Ses formes peuvent être diverses et variées (au naturel, au pied nourri, etc.) comme ses métaux ou émaux. Cependant, d'azur à trois fleurs de lis d'or... (retour au programme)