Créer votre blason et vos armoiries

Blason : Histoire, symbolique...

Ce qu'il faut connaître



Préambule
Je n'ai pas souhaité ici refaire un traité complet d'héraldique car cela n'apporterait absolument rien. Il existe un grand nombre d'ouvrages, qui vous expliqueront en détails les règles de composition d'un blason (règles, partitions, meubles, etc.) et celles relatives à la réalisation de ce que j'appelle les "grandes armoiries" (écu, supports, tenants, lambrequins, cimiers, etc.). Je vous propose donc un résumé de ce que j'estime être indispensable de connaître. Enfin, je finirai par vous présenter la manière dont je travaille et mes atouts.
Le programme :
1/ Historique des armoiries
2/ Symbolique des couleurs
3/ Casque et heaume
4/ Ma philosophie de travail
1/ Historique des armoiries
Des origines à aujourd'hui...
Les armoiries naissent au début du XIIième siècle alors que l'équipement militaire évolue : cotte de mailles, hauberts et boucliers rendent désormais difficile l'identification des combattants sur les champs de bataille et dans les tournois. D'abord réservées aux dynastes et grands feudataires, très vite, leur usage s'est répandu à l'ensemble des combattants : chevaliers bannerets, puis par les simples chevaliers et enfin par les petits nobles non chevaliers et les écuyers.
Au début du XIIIième siècle, toute la noblesse occidentale semble être dotée d'armoiries. A la même époque, l'usage du sceau comme " signature " d'authentification de documents ou d'actes juridiques se développe. Il sera le principal vecteur de développement des armoiries, qui se répandent alors dans toutes les classes sociales : femmes, ecclésiastiques, bourgeois, gens de métiers et paysans.
De la fin du XIIième siècle au début du XIVième siècle, l'héraldique sera en quelque sorte à son apogée : chacun est libre d'adopter des armoiries, de les porter à sa guise et de les représenter comme il lui plaît. Ce sera la période la plus riche et la plus vivante du système héraldique médiéval. Les hérauts d'armes s'attacheront à régler le système héraldique. Il sera le mieux défini entre le XIVième et le XVième siècle. Cependant, le droit aux armoiries étant essentiellement coutumier, ce droit sera relativement instable.
La libre adoption des armoiries perdurera jusqu'à la fin de l'ancien régime à la seule condition de ne pas usurper celles d'autrui.
A la veille de la Révolution de 1789, la moitié des armoiries portées sont roturières. Elles seront pourtant décrétées le 19 juin 1790 comme " marques de noblesse " et " signes de féodalité " et strictement interdites !
Napoléon Ier rétablira le droit aux armoiries par le statut du 1er mars 1808. mais celui-ci ne sera réservé qu'à la noblesse par le biais d'un contrôle rigoureux du Conseil du Sceau. Nul n'aura le droit de prendre des armoiries sans avis favorable du Conseil, qui délivre les lettres patentes. L'héraldique permet alors de situer un individu dans l'ordre social par l'usage de règles fixes pour les pièces héraldiques.
NLouis XVIII, Charles X et Louis-Philippe conserveront ces restrictions en abandonnant toutefois le système héraldique Impérial. La Seconde République ne fera aucun cas des armoiries mais abolira les titres de noblesse. Napoléon III quant à lui, ne laissera pas de traces significatives sur le sujet. La Troisième République ignora le sujet.
L'héraldique continua à sombrer dans l'oubli…
Aujourd'hui, chacun est libre d'adopter des armoiries à partir du moment où il n'y a pas usurpation d'armoiries existante. Elles sont alors un accessoire indissoluble du patronyme. Nous voilà revenu au droit d'usage qui prévalait avant la fin de l'Ancien Régime, que l'on soit noble ou non ! Il n'existe cependant plus d'instances officielles en France pour régler les questions héraldiques (suppression du Conseil de sceau en 1872). Concernant d'éventuelles usurpations, les tribunaux civils se réfèrent à la jurisprudence.
  • Edit de novembre 1696, promulgué par Louis XIV
Armoiries de France
Son but prétendu était de remédier aux abus commis en matières de brisures, d'écus timbrés, de changements et d'usurpations d'armoiries. Il ne visait cependant pas a en limiter l'usage à certaines couches sociales. Par cet Edit étaient crées deux institutions :
- Des "maîtrises régionales" sous la direction d'une "grande maîtrise de Paris", chargées de recevoir les armoiries. Celles-ci étaient alors envoyées à la "grande maîtrise de Paris" pour y être vérifiées, éventuellement corrigées et enregistrées au "despot public des armes et blasons".
- "despot public des armes et blasons" c'est à dire l'Armorial Général.
En réalité, le but de cet Edit était purement fiscal ! Nobles, routiers, ecclésiastiques, administrations, institutions et corporations, maisons religieuses, les bourgeois des " villes franches " et tous ceux qui " par leur mérite personnel tenaient un rang d'honneur et de distinction, dans leurs corps, compagnies et communautés ", étaient obligés, sous peine d'amende, de faire enregistrer leurs armoiries dans le fameux Armorial Général. En fait, tout le monde devait y passer ! L'impétrant (particulier) devait acquitter un droit d'enregistrement de 20 livres (même tarif pour ceux qui désiraient par la suite modifier leurs armes) en contrepartie de quoi il recevait un brevet. Bon nombre de bourgeois, marchands, artisans, etc. furent contraints et forcés d'adopter des armoiries. C'est pour eux que d'Hozier et ses commis fabriquèrent les fameuses séries d'écus semblables construits sur le jeu des émaux et des figures et attribués d'office à tous les habitants d'une même généralité. Pour les contrevenants : une amende de 300 livres et la confiscation de tous les biens meubles armoriés.
A partir de 1699, suite à un nouvel Edit qui dispensait les individus et communautés jugés trop pauvres pour s'acquitter des droits d'enregistrement et à une diminution constante des enregistrements, les maîtrises régionales furent peu à peu supprimées. Les enregistrements cessèrent définitivement en 1709.
Le libre droit du port d'armoiries reprit ses droits selon les " Lois, maximes et usages du royaume " jusqu'à la Révolution.
  • Ier EMPIRE : Statut du 1er mars 1808,
Armoiries de France
Napoléon Ier rétablira le droit aux armoiries par le statut du 1er mars 1808 mais celui-ci ne sera réservé qu'à la noblesse par le biais d'un contrôle rigoureux du Conseil du Sceau. Nul n'aura le droit de prendre des armoiries sans avis favorable du Conseil, qui délivre les lettres patentes.
L'héraldique permet alors de situer un individu dans l'ordre social par l'usage de règles fixes pour les pièces héraldiques. Cambacérès préside le Conseil du Sceau des titres.
Les pièces héraldiques sont déterminées pour :
Les barons du Conseil d'Etat (3 octobre 1808), les comtes ministres (6 janvier 1809), les barons des corps administratifs (23 janvier 1809), les membres de la maison de l'Empereur (20 février 1809) et des villes (29 mars 1809).
Les descendants ne peuvent se prévaloir du signe spécifique de la fonction de leur ancêtre, signe qui doit être enlevé (décret du 3 mars 1810). En effet, dans l'héraldique impériale, un lien est établi entre le titre et la fonction. Des toques ont remplacé les couronnes de l'ancien régime.
Dés la chute de l'Empire, toutes ces règles trés contraignantes furent abandonnées. Nombre de bénéficiaires abandonnèrent toques et insignes de fonctions pour revenir aux règles anciennes du blason. La majorité de ceux qui avaient déjà des armoiries sous l'ancien régime, les reprirent telles qu'elles étaient réglées auparavant. (retour au programme)
Armoiries de France
Armoiries de Talleyrand
2/ Symbolique des couleurs
J'ai ici synthétisé de façon non exhaustive la symbolique des métaux et émaux (couleurs) les plus communément utilisés. Ils correspondent en général aux couleurs utilisées dés l'apparition du blason.
Il est important de noter qu'il s'agit, en héraldique, de couleurs "absolues". C'est à dire que chacunes de ces couleurs peuvent être déclinées dans toutes les nuances possibles et inimaginables par l'artiste. Par exemple, l'azur (bleu) pourra être primaire, turquoise, clair, foncé, etc. Cela n'a absolument aucune importance.
A vous maintenant de choisir en fonction de vos goûts, de votre personnalité, etc.
Les métaux :
métal OR OR
Planète : le soleil
Pierre précieuse : la topaze
Symbolique : intelligence, prestige, vertu, grandeur...
Surface : pointillée
métal OR ARGENT
Planète : la lune
Pierre précieuse : la perle
Symbolique : netteté, sagesse, pureté...
Surface : laissée en blanc
Les émaux :
métal OR GUEULES
Planète : mars
Pierre précieuse : le rubis
Symbolique : désir de servir sa patrie, action, vaillance, passion, sincérité, volonté, aggressivité, carnage, alerte, interdit, incitation à la vigilance. Symbole fondamental du principe de la vie avec sa force, sa puissance et son éclat. Couleur de l'âme, de la libido, du cœur. C'est la couleur du sang, celle de la vie, celle de la beauté et de la richesse. Couleur de la science, de la connaissance ésotérique, interdite aux non-initiés ; dans les lames des Tarots, l'hermite, la Papesse et l'Impératrice portent une robe rouge sous une cape ou un manteau bleu. L'arcane 11 - la Force - qui ouvre de ses deux mains la gueule du lion, porte cape rouge sur robe bleue : extériorisé, le rouge devient dangereux comme l'instinct de puissance s'il n'est pas contrôlé. Le bourreau aux habits rouges est un intouchable parce qu'il touche à l'essence même du mystère vital. Le rouge est, dans les traditions irlandaises, la couleur guerrière. Mars ravit Vénus à Vulcain, le guerrier devient conquérant. Au Japon, le rouge est le symbole de la sincérité et du bonheur. Mars gouverne la vie et la mort.
Surface : Hachures verticales
métal OR AZUR
Planète : Jupiter
Pierre précieuse : le saphir
Symbolique : fidélité, loyauté, persévérance, pureté, profondeur, équilibre, autorité, ordre, vérité, souveraineté, froideur. Les Egyptiens considéraient le bleu comme la couleur de la vérité. Le bleu céleste est le seuil qui sépare l'homme de ceux qui gouvernent, de l'au delà, du destin. Le bleu est le champ élyséen, la matrice à travers laquelle perce la lumière. Le blason de la maison de France (d'azur à trois fleurs de lys d'or) proclame l'origine supra-terrestre des Rois. Détachement des valeurs terrestres. Couleur du soleil chez les Aztèques (turquoise). Jupiter (Zeus) trône les pieds posés sur l'azur, c'est à dire sur l'autre côté de la voute céleste. De lui émane toute autorité. Il ne recherche ni le dialogue, ni la persuasion : il tonne. Par sa taille et sa position, Jupiter occupe la place centrale parmi les astres qui tourbillonnent autour du soleil.
Surface : Hachures horizontales
métal OR SABLE
Planète : saturne
Pierre précieuse : le diamant
Symbolique : tristesse, renoncement, prudence, sagesse, renaissance, profondeur, maturité. Couleur de deuil et de pessimisme en occident (aujourd'hui), le noir est à l'origine le symbole de la fécondité, comme en Egypte ancienne ou en Afrique du Nord : la couleur de la terre fertile et des nuages gonflés de pluie. Le noir est aussi attaché à la promesse d'une vie renouvelée comme la nuit contient la promesse de l'aurore et l'hiver celle du printemps. Il correspond au Yin féminin chinois, terrestre, instinctif et maternel. Plusieurs vierges et déesses mères sont noires (Isis, vierges noires en Europe, la Diane d'Ephèse). La Ka'ba de la Mecque, en tant qu'Anima Mundi, est constituée par un bloc de pierre noire.Invincible puissance spirituelle dans le Bouddhisme tantrique (foudre et diamant " vajra "). Le bon influx de Saturne confère une profonde pénétration à force de longs efforts réfléchis et correspond à la fidélité, à la constance, à la science, au renoncement, à la chasteté et la religion.
Surface : Hachures verticales et horizontales croisées ou surface noire
métal OR SINOPLE
Planète : Vénus
Pierre précieuse : Emeraude
Symbolique : liberté, beauté, joie, santé, espérance, abondance, force, longévité, honneurLe vert est l'éveil de la vie. C'est une couleur femelle complémentaire du rouge, couleur mâle. Pour les alchimistes c'est la lumière de l'émeraude, qui perce les plus grands secrets. Symbole de la raison, le vert fut aussi, au Moyen Age, symbole de la déraison et blason des fous. Le Graal est un vase d'émeraude ou de cristal vert confondant les notions de d'amour et de sacrifice qui sont les conditions de la régéneration, de la renaissance. Venus est l'astre de l'art et de l'acuité sensorielle, du plaisir et de l'agrément. Le sens du touché lui est attribué.
Surface : Hachures obliques de gauche à droite
(retour au programme)
3/ Casques et heaumes
Le casque (heaume, armet, bacinet, bicoque, etc.) sont apparus sur les sceaux à partir de la fin du XIIIième siècle. De là, ils sont devenus des éléments à part entière des compositions héraldiques. Ils ne respectent aucune représentation particulière et sont traités selon les goûts, styles ou, tout simplement, selon les talents de l'artiste. (voir Armorial de Gelre, Armorial Bellenville, etc.). Ils sont donc devenus un ornement sigillaire sans signification héraldique particulière. Cet ornement, le timbre, ne fut jamais, au Moyen Age, réservé aux nobles. A cette époque, aucune spécificité ne permet de distinguer des armoiries nobles d'armoiries roturières. De nombreux sceaux de bourgeois et d'artisans des XIVième et XVième siècles présentent un écu timbré d'un heaume et d'un cimier. Dans l'Armorial de Gelre, par exemple, aucun heaume ne permet de distinguer le rang de son propriétaire.
Ce n'est qu'au XVIième qu'il fut tenté de réserver aux nobles le port d'armoiries timbrées. Fiscalité ?...
métal OR
Aux XVIIième et XVIIIième siècles, fut inventée une hiérarchie entre les heaumes, qui, selon leur couleur (or, argent, acier), leur position (taré de face, de profil, etc.), l'ouverture et le nombre de grilles de la visière devait rappeler le rang ou le titre du possesseur de l'écu. Cette règlementation quelque peu contraignante et peu en accord avec l'essence même de l'héraldique originelle, ne s'imposa jamais en tant que règle. L'usage continua de refléter la liberté de chacun à opter ou non pour un timbre. Jusqu'à la fin de l'Ancien Régime bon nombre de roturiers continuèrent à timbrer leurs armoiries. Les siècles suivants regorgent également d'exemples (à commencer par ce site !).
Il est important de noter que l'usage, sur ce point, a toujours primé et tout ceci n'est resté que théorie ! Cependant, rien n'empêche de suivre ces règles à la lettre. Les exemples, nombreux, existent aussi. Comme en cas de présence d'une couronne, lorsque l'on cherche à identifier le propriétaire d'armoiries, il ne faut jamais se fonder sur le timbre pour déterminer son titre, son rang ou sa classe sociale.
En effet, les apparences sont souvent trompeuses ! (retour au programme)
4/ Ma philosophie de travail
Les armoiries, en tant qu'accessoire au patronyme et symbole fort d'un individu ou d'une famille, se doivent d'être totalement originales pour refléter la singularité du ou des porteurs. Un écusson armorié n'est qu'une image poétique du nom, qu'il soit humble ou illustre.
Enfin, des armoiries peintes sur une feuille de papier ou un parchemin ne restent qu'une représentation artistique, une oeuvre, une interprétation (conforme au blasonnement original bien sûr). Chaque artiste aura la sienne.
Finalement, ce ne sera qu'une image, qui vous plait, bien encadrée et accrochée au mur dans votre salon. En choisissant un artiste, vous faites donc le choix d'un style, d'une manière. C'est là l'essentiel et un critère qui doit être déterminant.
  • Armoiries 100% originales
Si vous avez surfé sur la toile pour voir ce qui se fait aujourd'hui en héraldique, vous avez probablement remarqué la pauvreté générale des productions. Dans la majeure partie des cas, les modèles proposés s'inspirent ou reproduisent intégralement des dessins créés il y a déjà quelques années et tirés d'ouvrages plus ou moins anciens. Vous aurez donc remarqué que l'informatique permet de "grandes choses" conduisant rapidement à la facilité et à l'uniformisation des productions, excepté si vous recherchez une production infographique.
  • Dessin 100% manuel
Cette platitude de production n'est aujourd'hui combattue en France que par quelques artistes qui cherchent à maintenir et cultiver le caractère fort, que doivent revêtir les armoiries. Je m'inscris donc modestement dans cette tendance, qui vise avant tout à préserver le côté artistique et original de la chose, juste pour le plaisir. Mes productions naissent donc d'une feuille blanche et d'un bon vieux crayon noir. Pas de copie de dessin existant (sauf si on me le demande bien sûr). J'ai donc un style en continuelle évolution, qui plaira ou ne plaira pas, mais qui, au moins, vous montrera que l'originalité existe. Idem pour la colorisation, faite avec de la peinture à l'huile, de bons pinceaux en poils de martre et quelques feuilles d'or pour agrémenter le tout !
  • Support de qualité
Papier fort ou vélin véritable (peau). Ce dernier support, aujourd'hui rare participe à l'accentuation du caractère et de la force de l'oeuvre. Il n'est plus aujoud'hui fabriqué que par quelques artisans français. Ce matériau noble et tout à fait unique par son grain et ses nuances n'est pas une obligation et ne relève que d'un choix à faire. Il sera néanmoins plus durable et vivant que du papier. Leurs coût respectifs n'ont cependant rien de comparable.
En général, j'utilise le papier pour les dessins au trait "façon imprimerie" à l'encre de Chine. Mon support préféré est le Carte d'Art extra-fort à grain, 340g en format 24x32 cm. Pour les compositions couleur à l'huile, le parchemin est préféré mais le papier peut aussi faire l'affaire. Question de budget ! (retour au programme)